CODATU VII – 1996 – New Delhi (Inde): Transports urbains dans les pays en développement

 
Chantal PICARD
CODATU
Assistante du Délégué Général
Publication Mardi 25 Juin 1996

Thème de la conférence : « Transports urbains dans les pays en développement »

Discours de Richard DARBERA, Co-Président du Comité Scientifique de la conférence CODATU VII

Les villes, et particulièrement les grandes villes, sont le lieu principal du développement économique. C’est donc de leur efficacité intrinsèque que dépend largement le développement du pays. L’efficacité d’une ville c’est l’efficacité de ses marchés : de son marché de l’emploi et de son marché des biens.
Plus le marché de l’emploi est grand, meilleure est l’adéquation entre la demande et l’offre des différentes qualifications, plus facile est la mobilisation d’importantes quantités de main d’œuvre pour la production de masse, plus rapide est l’adaptation aux grands changements dans le système productif. Or la taille du marché, ou plutôt des marchés de l’emploi d’une ville ne tient pas qu’à la taille de la ville, elle tient aussi et surtout à la fluidité, à la variété et à l’efficacité de ses transports de voyageurs. Une grande ville sans transports n’est qu’une juxtaposition de petits marchés, où dominent l’artisanat et le travail à domicile.
De même, la taille des marchés de biens et de produits d’une ville dépend de son intégration dans les réseaux de transports régionaux, nationaux et internationaux, mais aussi de la facilité des transports de marchandises dans la ville même. L’accès des entreprises aux biens intermédiaires et aux services, l’accès des marchés de détail, engendrent des flux importants de marchandises qui posent des problèmes de circulation, de stationnement pour les livraisons qui non seulement sont des coûts pour les entreprises mais entraînent aussi des coûts bien plus importants pour le trafic de voyageurs.
Quel est le rôle du transport urbain dans le développement économique des villes et du pays ? Comment faciliter ce rôle, organiser la complémentarité des divers modes et assurer la cohérence des politiques de transports et des politiques de développement urbain ? L’objectif de cette CODATU est de confronter les idées et les expériences susceptibles d’apporter des réponses à ces questions. Les contributions assemblées dans cette publication en témoignent.

Cette publication comprend six parties :

Dans la partie 1 : « Intégration de la planification urbaine et de la planification des transports », la plupart des contributions montrent l’étroite relation qui se noue spontanément entre offre de transport et forme urbaine, et plusieurs d’entre elles, fondées sur des expériences, recommandent des approches stratégiques qui intègrent planification des transports et planification urbaine.

Dans la partie 2 : « Economie et Financement des transports », plusieurs contributions analysent l’influence des politiques de transport sur la création des richesses et sur leur redistribution. Le problème est : comment financer ces politiques de transport ? Des expériences tirées des quatre coins du monde, en particulier dans le cas des grands projets de transports urbains, montrent que des solutions sont possibles.

Les contributions regroupées dans la partie 3 : « Demande de déplacements », peuvent être séparées en deux groupes selon qu’elles cherchent à prévoir la demande de transport, généralement par le moyen de la modélisation ou selon qu’elles proposent des politiques d’urbanisme ou de transport pour influencer et redistribuer la mobilité.

La plupart des contributions regroupées dans la partie 4 : « Améliorer le rôle des transports publics et des autres modes » s’intéressent aux transports collectifs : soit par le biais des problèmes de la régulation de la concurrence dans le secteur, soit pour proposer des solutions pour améliorer la productivité des entreprises. D’autres contributions s’intéressent au rôle effectivement (ou potentiellement) important des modes non motorisés. Enfin les autres contributions s’intéressent à la complémentarité entre modes et à leur hiérarchisation dans la perspective du « développement durable ».

Dans la partie 5 : « Approche institutionnelle des transports urbains », les contributions soulignent l’importance du cadre institutionnel dans la planification ou dans la gestion du système de transport au niveau métropolitain ou dans la coordination des services de transport public. Des solutions sont proposées ou des expériences sont décrites qui cherchent à améliorer ce cadre institutionnel par l’éducation, la création administrative ou la recherche.

Les contributions regroupées dans la partie 6 : « Gestion de la circulation et problèmes environnementaux », bien que complémentaires sont, de deux types distincts : les unes analysent les impacts sur la pollution atmosphérique, la congestion ou les accidents de différents modes ou de différentes politiques de transports, les autres évaluent ou proposent divers instruments techniques pour améliorer la circulation.

Par leur grande diversité les contributions regroupées dans ces actes couvrent un champ très large. Pourtant elles ne reflètent pas entièrement la richesse de la conférence, d’abord parce que certaines contributions n’ont pu être intégrées dans le volume parce qu’elles sont parvenues trop tard ou parce qu’elles étaient présentées selon un format trop éloigné des recommandations envoyées aux auteurs pour qu’il soit possible de les inclure à un coût raisonnable ; mais surtout parce que la richesse de la conférence tient aussi à la qualité des discussions qui suivent les présentations et à l’intensité des échanges que ne manquent pas de susciter les tables rondes organisées pendant la conférence.

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